Ou le couronnement d’un succès !
[ TOP 14… 7e journée : Pau (1) – Toulouse (3) 30 – 26 ]
Samedi soir, au stade du Hameau, la Section Paloise est parvenue à couper l’herbe sous le pied au champion de France, au bout d’un suspense haletant, conservant son trône pour régner un peu plus longtemps sur le TOP 14.
La nouvelle reine, mère du Béarn, régente de notre championnat depuis quinze jours, en attendant qu’un roi se déclare avec une réelle légitimité, a montré qu’elle pouvait mener de front les guerres contre ses assaillants, avides de prendre le pouvoir sur ses terres, faisant alors de son jardin une véritable forteresse. On est loin de ce lieu féérique et champêtre, inspiré des textes de Rousseau, cher à Marie-Antoinette.
Ici, ici, c’est le Hameau, pas Versailles !
Battre le champion en titre toulousain n’est plus un luxe, il a déjà été sévèrement défait à Montpellier et à Bayonne, mais cela reste une sacrée performance. D’entrée, les Palois ont bien cru que les seconds couteaux qui composaient le XV de départ d’Ugo Mola allaient leur faire passer une sale soirée devant leur public.
Dès l’entame, les avants toulousains ont investi le camp des Béarnais qui ont concédé une première touche fatale, Marchand concrétisant un premier essai derrière un maul tout puissant. Moins de dix minutes plus tard, c’était au tour des trois-quarts de s’illustrer dans un mouvement collectif qui envoyait Capuozzo à dame.
Toulouse 14, Pau zéro… ou peau de zob.
Mais la réaction des locaux ne s’est pas fait attendre, dès le coup d’envoi suivant, sur une erreur de l’ailier italien qui a échappé le cuir sur la réception, l’offrant à Gailleton pour le premier essai maison, de quoi redonner de l’allant à la Section. Deux pénalités de Simmonds ont permis de tenir le score, pour répondre à Kinghorn et les siens, dominateurs, dans un premier acte à leurs mains (13-20).
Au retour des vestiaires, la blessure du maître à jouer, Simmonds, n’augurait rien de bon, d’autant que la première faute paloise a offert trois point de plus à Kinghorn (13-23). Mais il faut croire que Capuozzo était, contre son gré, le seizième homme de la Section, à nouveau décisif sur une réception manquée, provoquant un en-avant aussitôt exploité par Grandidier qui relançait opportunément son équipe par un essai en coin, parfaitement transformé par le buteur suppléant, Desperes (20-23).
La partie s’est alors emballée.
Les bancs se sont vidés, les combats et le suspense intensifiés. Le public s’est lâché, sentant bien l’exploit à la portée de son équipe, jusqu’à exulter, sur un jeu au pied haut qui a encore déstabilisé la défense haut-garonnaise, Gorgadze trouvant à hauteur son compère de troisième-ligne, Isa, qui feintait la passe pour aller seul à dame. Une joie de courte durée, la vidéo montrant un acte d’anti-jeu contre Romain Ntamack et obligeant monsieur Marbot à annuler l’essai. Wouh !
Le jeu est alors passé dans les mains des locaux qui ont pilonné le camp adverse, obtenant la pénalité de l’égalisation que n’a pas manquée Desperes, à moins de dix minutes de la fin. Mais les champions de France ont repris le dessus, offrant à la botte de Kinghorn, sur un contest, l’occasion de passer trois point de plus (23-26). La fin de match a été tendue, montrant de la fébrilité, de part et d’autre, mal exploitée par chaque camp. Jusqu’à cette ultime action, sur la sirène, les avants palois ont enchaîné les charges au près, devant la ligne adverse, poussant les Toulousains à la faute, ne voulant pas se contenter d’un match nul, ils ont insisté avec panache.
Quand Jimi Maximin, au ras du ruck, s’est emparé du cuir pour enfoncer le dernier rideau et s’offrir l’essai de la gagne, comme s’il s’agissait d’un sacre, faisant exulter tout le public et toute une région. La Section n’est pas championne, non, juste le nouveau leader qui a fait abdiquer le tenant du titre.
Le roi est mort, vive la reine !
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Les autres matches, en bref…
Bayonne (2) – Clermont (11)__ 44-17
Des Basques dominateurs d’une ASM « maul’assonne »
Samedi après-midi, dans l’autre forteresse imprenable, celle de Jean-Dauger, les Clermontois ont fait illusion les cinq premières minutes avant de se trouer complètement en défense, le reste du temps.
Après avoir inscrit les trois premiers points, par Raffy, dans les trois premières minutes, les Jaunards ont donné le ballon à leur hôte pour se faire battre, pris dans tous les secteurs de jeu, particulièrement en défense, à l’image de Darricarrère qui s’est fait prendre comme un bleu (pas sûr que ça lui ouvre les portes du XV de France), par le jeune Capilla, phénoménal tout le match, auteur du premier essai et d’un doublé, en seconde période.
Une seconde période qui confirmera la première avec un autre doublé, celui de Carreras, s’ajoutant aux essais du premier acte d’Erbinartegaray et de Germain pour répondre aux deux seules réactions des visiteurs, par Fainga et Tolofua, sur leur unique point fort qu’est le maul derrière une penaltouche.
L’Aviron Bayonnais tutoie logiquement les sommets avec son voisin béarnais quand l’ASM n’en finit pas de se fourvoyer, loin du Michelin.
Castres (6) – Stade Français (4)__ 29-24
Un CO à deux visages
Ce n’est pas la première fois que les Castrais montrent deux facettes, sur leurs terres, d’une mi-temps à l’autre, tel Mister Jekyll and Mister Hyde. Samedi, à Pierre Fabre, ils ont dominé les Parisiens dans un premier acte de bonne facture qui a payé, grâce à trois essais, dont un doublé de Chabouni et le troisième par Palis, n’en encaissant qu’un seul, par Motassi, pour mener logiquement 22-7, à la pause, et même 29-7, au retour des vestiaires après l’essai du bonus offensif, conclu par Ardron.
Puis, tout s’est renversé, en trente minutes, Nene puis Iscaro surprenant la défense locale, permettant aux visiteurs de revenir à huit longueurs de leur hôte, à huit minutes du terme (29-21). Les Parisiens ont alors arraché le point de bonus défensif, sur le fil, à défaut de mieux, grâce à une pénalité de Foursans-Bourdette.
Mais il s’en est fallu de peu, avec quelques minutes de plus, que le CO perde la face sur ce deuxième acte laborieux et ne rejoigne pas son adversaire dans le TOP 6.
Montpellier (7) – Lyon (9)__ 35-13
Le MHR montre les crocs au Lou
Dans le même temps, les Montpelliérains ont assuré une troisième victoire bonifiée consécutive, à la maison, face à une équipe lyonnaise remaniée qui n’est entrée que trop tardivement dans la partie.
Durant une heure, il n’y a eu qu’une seule équipe sur le pré du GGL Stadium, les Cistes enchaînant les temps forts et les essais (Nouchi, Piccardo, Uelese et Tambwe) pour mener largement (30-3). Les visiteurs ont réagi par deux essais, coup sur coup, de Wainiqolo et Ioane, comme si les ailiers venaient seulement de se réveiller, avant que Rates donne le dernier mot au MHR, en plantant, sur son aile, une cinquième banderille dans le dos des Lyonnais.
Le Lou cède sa place dans le TOP 6 à son hôte, tout en restant à sa hauteur de points.
Perpignan (14) – Bordeaux (8)__ 12-27
Des Catalans sans solution
Samedi, Aimé-Giral a connu sa quatrième défaite de rang, l’USAP sa septième désillusion, en autant de rencontres, sans le moindre point de consolation au bout. C’est qu’en face il y avait la bande à Jalibert qui sortait d’une impasse à Ernest-Wallon et qui avait sans doute coché la case de ce match à sa portée, comme un prédateur aurait mis son dévolu sur une proie blessée.
Ça n’a pas été si simple pour les hommes de Bru, face à une défense locale volontaire mais vulnérable. Deux essais conclus en vingt minutes, par les jeunes Drault et Matiu, pour mener 0-20, avec une pénalité en plus de Page-Relo, buteur du jour. Les Catalans ont réagi en fin de première période, récompensé d’un essai de pénalité et d’une supériorité numérique pour démarrer le second acte, sans Bielle-Biarrey.
Une aubaine que les hommes malheureux d’Azéma n’ont pas su saisir. Pire, ils ont payé cash leur indiscipline sur une pénalité rapidement jouée pas Jalibert, depuis son camp, l’ouvreur bordelais ayant vu les défenseurs perpignanais mal positionnés, et traçant intelligemment tout droit pour se faire la belle jusqu’à dame.
L’essai de consolation, en fin de match, par Allan, ne changera rien au drame qui se joue à Perpignan, toujours dernier sans le moindre point et qui se prépare à se déplacer chez le promu, pour un match déjà capital, à quitte ou double.
La Rochelle (10) – Montauban (13)__ 54-19
Des Maritimes sans pitié
Comme face à toutes les grosses écuries, les Montalbanais n’ont pas pu rivaliser chez des Rochelais sûrs de leur force. 42-0, en moins d’une heure, avant que les locaux lèvent le pied et permettent au promu d’inscrire trois essais, par Ringuet et Vallée, deux fois.
8 essais (Nowell, Lavault, doublé de Botia, Lagivalla, West, Bosmorin et un de pénalité) pour ces Maritimes, à peine rassurés avec cette victoire bonifiée, tant ils sont à la peine en ce début de saison, surtout à l’extérieur, comme Clermont.
Toulon (5) – Racing 92 (10)__ 45-21
La réaction bonifiée des Varois
Vexés à Clermont, la semaine passée, les Toulonnais ont réagi avec brio, dimanche soir, en clôture de cette journée, dominant des pieds et de la tête des Racingmen pas vraiment invités.
Brex a donné le ton, au bout de dix minutes, avant que Fickou n’égalise. Ce qui a eu le don d’énerver les trois-quarts locaux, Jaminet puis Dréant enfonçant le clou, avant la pause pour mener 24-7. Au retour des vestiaires, Mercer est allé cherché l’essai du bonus offensif, tandis que Baudonne le lui retirait, cinq minutes plus tard.
Qu’à cela ne tienne, Nonu entrait en scène et reprenait le précieux point cadeau, avec la détermination qu’on lui connaît, même à 43 ans. Mais Taofifenua, le moins vieux mais plus ancien des Franciliens, s’amusait à le confisquer, à cinq minutes du terme. De quoi contrarier ce XV varois, irréprochable tout le match, envoyant Alainu’uese le reprendre, validant le coaching gagnant de Mignoni qui perdait, malgré tout, son maître à jouer, Baptiste Serin, sur ce match référence.
Le RCT remonte dans le wagon des barragistes tandis que le Racing en reste exclu.
(entre parenthèses, le rang du nouveau classement après ce week-end)
Tous les résultats officiels du week-end >>
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La semaine prochaine…
Focus sur le stade de Sapiac !
Cette nouvelle journée de championnat va nous offrir un choc entre deux équipes qui semblent désormais lutter seules pour le maintien, à onze longueurs derrière Clermont.
À Montauban, on devrait avoir l’intensité d’un match de barrage, huit mois avant l’heure.
Au programme de la 8e journée du TOP 14 (sur C+) :
Samedi 25 octobre
à 14h30 : Lyon – La Rochelle
à 16h30 : Clermont – Castres
Montauban – Perpignan
Stade Français – Montpellier
Racing 92 – Pau
à 21h : Bordeaux – Bayonne
Dimanche 26 octobre
à 21h05 : Toulouse – Toulon
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Du côté de l’Axa Élite 1 féminine :
Retrouvez tous les résultats* sur : >> site FFR : competitions-elite-1-feminine
(*) Faute de suivi médiatique complet, je ne commente plus les résultats
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