Un quadruplé qui étouffe le TOP 14
[ TOP 14… Finale : Toulouse – Montpellier 28 – 20 ]
Il était temps ! Les scientifiques se sont penchés sur la question. Sur les 30 années de rugby professionnel, le Stade Toulousain a disputé une finale sur deux pour remporter, samedi soir, au Stade de France, son 13e titre sur 15, son 25e sacre sur les 126 éditions historiques du championnat de France.
Rien de naturel pour les scientifiques. Le phénomène est clairement d’origine humaine, les Toulousains produisant un jeu plein de gaz à effet de serre sur ses concurrents, étouffés en phase finale, quand ce n’est pas déjà en phase régulière. Et ce dérèglement du rugby français – qui voyait au cours du 20e siècle les Stade Français et Bordelais, ou encore Lourdes, Agen, Béziers concurrencer le Stade Toulousain pour se partager le bouclier aux quatre coins de la France, certes, au centre de gravité très occitan – s’est accentué au fil de l’industrialisation du rugby professionnel dont Toulouse est devenu le fleuron, à l’instar d’Airbus dans le secteur aéronautique et spatial.
Nous avons affaire à un plateau de niveau élevé du jeu avec une masse salariale de joueurs internationaux très forts auxquels se sont greffés de jeunes joueurs issus de la formation qui consolident ce haut niveau, sans jamais redescendre. Nous avions déjà observé ce phénomène rare où le jeu atteint un plateau de niveau inégalable, c’était entre 1994 et 1997. Et voilà qu’il revient, encore plus fort, un quadruplé qui a étouffé, une nouvelle fois, le TOP 14. Il va falloir s’habituer ou changer nos habitudes, préviennent les scientifiques, investir dans la formation dans les autres clubs, mieux répartir et réguler la masse salariale et, selon quelques avis marginaux, voire polémiques, arbitrer le Stade Toulousain normalement.
Oups! voilà qui est lâché et qui va, sans doute, réjouir quelques Montpelliérains frustrés, après cette finale, samedi soir, au stade de France, où l’orage avait éclaté avant eux, quand cette faute évidente de Lebel sur Uelese aurait justifié un essai de pénalité. Même le commentateur Dimitri Yachvili n’a pas mâché ses mots pour tenter de digérer cette curieuse décision, dure à avaler pour les supporters cistes, de monsieur Ramos qui, au passage, pour ne pas enfler plus la polémique, n’est pas de la famille de Thomas.
Je vous rassure, l’atmosphère de cette finale était lourde bien avant son coup d’envoi, l’antre dionysien, comme toute la France, ayant subi un plateau de hautes températures caniculaires depuis dix jours, conséquence d’un autre dérèglement dont je ne ferai pas débat ici mais qui a eu une incidence non négligeable sur la partie.
Après un bref spectacle rythmé et coloré, un hymne national vibrant repris en choeur, dans une ambiance festive et sous un ciel zébrés d’éclairs hostiles, la finale a démarré en trombe, sans une goutte d’eau, mais avec un premier essai des Toulousains, sur leur première incursion dans le camp héraultais, derrière une touche combinée entre Mauvaka et Dupont, le talonneur international effaçant Taofifenua d’une feinte et d’une course de trois-quarts pour s’envoyer tout seul à dame. Woh !
Durant trente minutes, les hommes de Mola, dominés dans les rucks et en conquête, avec des touches volées par l’alignement montpelliérain, des mêlées enfoncées, ont resserré leur défense, n’encaissant que deux pénalités sous la botte de Miotti, avant de profiter d’un temps fort pour piéger, à nouveau, des Cistes inefficaces offensivement. Car les automatismes toulousains sont chirurgicaux, eux, et la troisième combinaison a été la bonne, sur un coup franc et des charges devant l’en-but ciste. Mauvaka a surgi dans un intervalle tel un trois-quarts-centre, encore, pour signer son doublé. Woh woh !
Trois minutes plus tard, c’est une relance, derrière une mêlée propre qui a lancé le jeu toulousain, huilé comme jamais, jusqu’à l’aile de Thomas, avec des passes millimétrées dans des espaces libérés pour envoyer le bolide Dupont à dame. Imparable !
Toulouse mène 25-6 à la pause, contre le cours du jeu.
Mais les hommes de Caudullo vont revenir des vestiaires transformés avec un premier essai magistral d’entrée, sur un coup de pied par-dessus de Miotti pour lui-même, suivi d’une percée de Ngandebe et conclu par Piccardo, entré prématurément en première période, après le protocole commotion de Vincent. Wahou ! Le match était relancé.
Et que dire de cette action, une minute plus tard, avant que l’orage n’éclate, sur un coup de pied à suivre de Cado pour lui-même et dont la passe a trouvé le pied de Uelese, à la course avec Lebel, le talonneur héraultais s’arrachant pour aplatir le cuir dans l’en-but tandis que l’ailier toulousain le retenait par le maillot avant de pousser illicitement le ballon en touche. Il écopera justement d’un carton jaune pour cette dernière action, mais monsieur Ramos et l’arbitrage vidéo ont semblé fermer les yeux sur la faute antérieure qui justifiait, elle, d’un essai de pénalité criant aux yeux de tout observateur.
Et l’orage a éclaté, le match a été interrompu.
Tout un symbole ! De retour sur le pré, pour les vingt dernières minutes, les Montpelliérains avaient 15 points à remonter et une détermination à toute épreuve, incarnée par l’entrée du jeune Coly, à la mêlée, et auteur d’un essai prodigieux en solitaire, sur une feinte de passe (comme Mauvaka en première période), pour se faire la belle sous les poteaux. L’espoir était permis, mais le retard toujours conséquent (28-20).
Il était écrit que Toulouse ne perdrait pas ce soir. Et la malédiction s’est abattue sur la conquête montpelliéraine, défaillante en touche, ainsi que sur les trois-quarts cistes, les jambes coupées, dans des conditions de chaleur extrême. Il fallait marquer deux fois mais l’expérience des champions, dont on pouvait lire le doute sur les visages fermés, sur le banc comme sur le pré, a permis de tenir jusqu’au bout le score et la victoire pour un 25e sacre qui continue, plus que jamais, de faire du Stade Toulousain…
Un monstre sacré du rugby français !
.
La finale de l’Élite 1 Axa, en bref…

ASM-Romagnat – Bordeaux __ 10-22
Un quadruplé historique aussi pour les Lionnes !
Dimanche soir, une autre finale s’est jouée dans le stade d’Aguilera, à Biarritz. Avec moins d’affluence, certes, mais non moins d’engouement sur le terrain et en tribunes. Les Romagnatoises, qui avaient terminé en tête de la phase régulière, ont défié les triples championnes en titre, seulement troisièmes après une saison compliquée et après avoir laissé partir leur coach François Ratier pour le XV de France.
Mais le jeu des Lionnes, avec les internationales Carla Arbez, aux manettes, Morgane Bourgeois aux relances et au but, n’a pas perdu de sa vitesse et de son agressivité, tout ce qui a manqué aux joueuses de Fabrice Ribeyrolles, arrêtées et trop tendres, vouées à défendre, héroïquement, devant les charges girondines.
Après un premier essai refusé à Madoussou Fall-Raclot, les pépites de Fabrice Nivard ont trouvé la faille, au bout d’une demi-heure, par Axelle Berthoumieu sur un ballon porté. La réaction immédiate des Auvergnates a offert une pénalité à Élodie Fernandez pour réduire le score, avant que les Jaune et Bleu ne se fassent piéger, juste avant la pause, sur une attaque assassine conclue et transformée par Morgane Bourgeois (3-12).
Au retour des vestiaires, l’arrière bordelaise a asséné trois nouveaux points derrière la tête des Clermontoises qui ont alors réagi par un exploit personnel de la Toulousaine, prêtée à l’ASM cette saison et qui a remplacé au pied levé, à l’ouverture, Lina Tuy, blessée. Élodie Fernandez a enfumé toute la défense girondine pour inscrire et transformer l’essai de l’espoir, à vingt minutes du terme de cette finale qui s’est soudain emballée (10-15).
Mais la chaleur, plus la fatigue, plus les maladresses, plus les mauvais choix auront eu raison des Romagnatoises bien trop tendres pour renverser la défense de Lionnes aussi féroces que des mères protégeant leur couvée derrière leur ligne d’en-but. Pourtant il y avait la place pour mieux faire que d’encaisser cet essai, aussi évident que cruel, à dix minutes d’une nouvelle désillusion, après celle de 2024, la talonneuse Oihana Tome-Belmonte passant en force derrière un ultime maul.
Cette force qui a offert logiquement le quatrième titre au Stade Bordelais qui marque, avec ce quadruplé, l’histoire et une nouvelle ère du rugby féminin, depuis 2023, courant après les huit et neuf titres respectifs du MHR et du Stade Toulousain qui, la veille, s’affrontaient dans l’autre finale masculine.
L’ASM-Romagnat pourra nourrir des regrets sur cette finale mais certainement pas sur sa saison qui a nourri ses joueuses d’un nouvel appétit d’aller chercher ce quatrième sacre, à leur tour, dès la saison prochaine.
.
La 1e journée de Coupe du monde U20, en bref…
Poule D
France U20 (2) – Fidji (3)__ 45-15
Australie (1) – Espagne (4)__ 90-22
Bon départ !
Les Bleuets ont bien démarré la compétition, en Géorgie, malgré un retard d’une heure, à cause d’une pluie diluvienne qui s’est abattue sur Koutaïssi, samedi après-midi. Ils ont dominé sans mal des Fidjiens, notamment grâce à un pack plus puissant et efficace, en première ligne des attaques tricolores qui ont amené les cinq essais du bonus offensif, dès le premier acte, conclus par le pilier montferrandais, Frisach, le talonneur rochelais, Garault (auteur d’un triplé) et le seconde-ligne toulousain, Bonnard-Martin, pour mener 33-0, à la pause, avec un quatre sur cinq au pied du buteur maritime, Jurd.
Le seconde période a été bien moins efficace pour nos juniors, malgré une supériorité numérique, la moitié du temps, emmenés pourtant par des trois-quarts fulgurants, à l’image de l’arrière clermontois, Guillaud, très remuant. Après deux nouveaux essais, dont un de pénalité et l’autre signé Andjisseramatchi, le capitaine rochelais, les Bleuets ont été coupable de relâchements qui ont remis les Fidjiens dans la partie et dans le campo tricolore, après l’heure de jeu, grâce à deux essais de Roseruvakula et Samo.
Le XV de France partage la première place avec les Baby-Wallabies qui ont pulvérisé les Lionceaux espagnols, prochains adversaires des Bleuets.
(entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)
.
.
La semaine prochaine…
Place aux tournées estivales masculines !
Après sa préparation en Bretagne, le XV de France de Galthié démarre le tout nouveau Championnat des Nations qui se déroulera tous les deux ans, sur les deux tournées, estivale et automnale, en deux fois trois journées, avant de disputer les finales, lors d’un week-end dédié entre les six nations majeures de l’hémisphère nord, soit celles du tournoi des VI Nations, et les six de l’hémisphère sud, soit celles du IV Nations, plus le Japon et les Fidji.
En juillet, le nord continuera donc de se déplacer au sud et inversement, en novembre, suivi d’un week-end des finales qui se tiendra, cette année, à Londres. Ainsi, nos Bleus se rendront, dès cet été, en Nouvelle-Zélande, puis en Australie, pour terminer au Japon. Quand ils recevront, cet automne, l’Afrique du Sud, les Fidji et l’Argentine.
Comme chaque été, les U20 disputent leur coupe du monde qui a démarré ce samedi, en Géorgie. Les Bleuets ont hérité d’une poule à la portée de leurs talents.
.
La 1e journée du Championnat des Nations offre le programme suivant* :
Samedi 4 juillet
à 9h10 : Nouvelle-Zélande – France
à 10h40 : Japon – Italie
à 12h10 : Australie – Irlande
à 15h10 : Fidji – Pays de Galles
à 17h40 : Afrique du Sud – Angleterre
à 21h10 : Argentine – Écosse
Le programme sur le site officiel >>
(*) Tous les matches sont retransmis par les chaines de TF1
.
La 2e journée* de Coupe du monde U20 opposera nos Bleuets aux lions hispaniques :
Jeudi 2 juillet, à 11h :
France U20 – Espagne
(*) Match retransmis par la chaine L’Équipe TV
..
#TOP14 #Toulouse #Montpellier #Brennus #finale #dereglement #Rugby
![[#675] – Le dérèglement rugbystique !](https://lesbrevesdovalie.fr/wp-content/uploads/2026/06/toulouse-montpellier-2026.jpg?w=600)


![[#678] – Des Bleus explosifs!](https://lesbrevesdovalie.fr/wp-content/uploads/2026/07/japon-france-2026.jpg?w=1024)
![[#677] – Les Coqs savent aussi rebondir…](https://lesbrevesdovalie.fr/wp-content/uploads/2026/07/australie-france-2026.jpg?w=1024)
![[#676] – Deux points :](https://lesbrevesdovalie.fr/wp-content/uploads/2026/07/nz-france-2026.jpg?w=750)


Votre réaction