Contre une quintuple consternation !
[ CHAMPIONS CUP… Finale : Leinster – Bordeaux 19 – 41 ]
Samedi après-midi, dans la fournaise de San Mamés, à Bilbao, l’Union Bordeaux-Bègles est entrée un peu plus dans l’histoire du rugby européen, en décrochant sa deuxième étoile après avoir étouffé le quadruple champion d’Europe irlandais, défait pour la cinquième fois d’affilée en finale, après leur dernier sacre, en 2018, contre le Racing 92.
2019, les Saracens montre la voie, 2022 et 2023, La Rochelle double l’exploit, 2024, Toulouse s’arrache un sixième titre historique après les prolongations. Enfin, samedi, sous le soleil basque espagnol, l’UBB éteint la constellation du XV celte à quatre étoiles*.
Maudits Français !
(*) Outre le Racing, les trois autres titres du Leinster ont été gagnés face à des formations outre-Manche.
Mais revenons à notre double champion héroïque, samedi, dans un stade magnifique, aux allures de cathédrale qui a donné à ce deuxième sacre girondin un air royal, tant il y avait de la majesté dans le jeu de ces Béglo-Bordelais unis devant 25.000 fidèles, venus pour défendre la couronne d’Europe et la ramener, à nouveau, à Chaban-Delmas, dans un bus impérial.
Ça a été chose faite, au bout de deux actes à deux visages. Le premier fantastique, le second plus pragmatique. Quant au visage du Leinster, il a été méconnaissable toute la rencontre, fébrile et multipliant les mauvais choix et maladresses, à l’image du coup d’envoi d’un Harry Byrne peu inspiré, en choisissant le côté droit du droitier Lucu, à l’ombre de toute pression et dont le coup de pied sur l’expérimenté Keenan, dans son camp, allait accoucher d’un premier en-avant qui en appellera beaucoup d’autres. Cette petite parenthèse pour introduire dans la mêlée de mes propos les facteurs X et Y qui ont fait écrouler le pack efficace du jeu irlandais, si chirurgical et impitoyable sous la baguette d’un Sexton.
Mais les maîtres à jouer ici s’appellaient Lucu et Jalibert, charnière internationale sur laquelle sont rivés tous les yeux du monde, même en amont de Garonne où les Dupont et Ntamack ne règnent plus seuls sur le XV de France, et c’est tant mieux pour lui !
Pour autant, ce sont bien les hommes de Cullen qui ont ouvert les hostilités, tel un leurre qui augurait d’un calvaire à venir pour les Girondins. Il n’en sera rien. Si leur première longue incursion dans le camp français a été la bonne, en trouvant O’Brien sur son aile pour le premier essai, toutes les autres allaient foirer. Mieux, les coéquipiers de Lucu et Jalibert allaient bonifier tous leur temps forts.
Et c’était parti, dès le coup d’envoi de Jalibert sur un bloc saut qui a cafouillé la réception, les Bordelais poussant la balle en touche dans les 22 adverses avant de la voler en l’air et de lancer une contre-attaque fulgurante, de long en large jusqu’à l’essai de Woki, en saut de cabri dans le coin droit. Waouh ! Mais l’essai sera justement refusé pour une main libre fautive sur la ligne. Bref, ce n’était que partie remise pour ces champions, revenus à une pénalité, puis une autre, bonifiant le temps fort et le travail de leurs avants qui allaient ouvrir une brèche pour leur capitaine, Lucu, marquant sous les poteaux (7-7).
Un petit quart d’heure de mise en route a suffi a lancé le bolide girondin, avec ses moteurs à explosion derrière.
Cinq minutes plus tard, une nouvelle conquête en mêlée envoyait à dame Uberti sur l’aile opposée, bien servi par Rayasi après une parfaite sautée de Jalibert. À peine le temps de respirer pour les Celtes, après un water-break, les avants pilonnaient encore devant et Jalibert écartait accrobatiquement pour Uberti jusqu’à Bielle-Biarrey qui s’est défait de deux défenseurs pour inscrire le troisième essai avant de récidiver, dix minutes plus tard. Un contre heureux, au milieu du terrain, revenait dans les pieds de footballeur de Penaud, dribblant la défense adverse avant de servir la flèche LBB sur un plateau. Trop facile et tellement beau tandis que Lucu transformait ce nouveau bijou pour creuser l’écart (28-7).
Et que dire, de cette fin de premier acte dantesque, où tous les moteurs du jeu irlandais semblaient fumer, capots ouverts. Une pénalité jouée bravement depuis leur camp, menaçant les 22 français, a fini d’assommer les Dublinois sur une passe de Byrne interceptée par Moefana pour ce qui ressemblait à l’ultime banderille d’un matador dans le dos d’un taureau agonisant (35-7).
Mais le retour des vestiaires ressemblera à un retour de bâton.
Car les Leinstermen ont assez d’expérience pour renverser une partie mal embarquée. Et, surtout, il ne fallait pas beaucoup de vista pour un entraîneur pour comprendre qu’il fallait remplacer rapidement Byrne qui plombait le jeu irlandais. Et si, avant l’entrée de Frawley, on considère le carton jaune malheureux contre Lucu, l’UBB ne pouvait pas démarrer plus mal cette seconde période, encaissant logiquement un deuxième essai, par Mccarthy, non transformé par Byrne, avant sa sortie (35-12).
Mais les hommes de Bru ont su garder la tête sur les épaules et Lucu le ballon sur le tee pour passer deux pénalités qui ont refroidi, chaque fois, l’espoir d’une folle remontada du Leinster. Un deuxième acte moins flamboyant de l’UBB, certes, mais tellement maîtrisé par ses stratèges et une abnégation de tous les instants, repoussant les velléités celtes avec vigueur jusqu’à cet essai de Ringrose et ce carton jaune contre un déblayage stupide autant qu’inutile de Boniface, qui a compliqué les dernières minutes de cette finale qui ne pouvait plus échapper au champion en titre et lui offrir…
sa deuxième étoile, comme le début d’une constellation.
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La finale de la CHALLENGE CUP, en bref…
Montpellier – Ulster __ 59-26
Un MHR royal !
La veille, dans le même stade, les Montpelliérains ont atomisé des Irlandais qui les avaient pourtant cueilli à froid, d’entrée de jeu, par Timoney. Mais les Cistes ont aussitôt réagi par Ngandebe avant de récidiver par l’autre ailier, Taofifenua, dix minutes plus tard, emballant la finale, sous la chaleur de Bilbao.
Les Ulstermen s’accrochaient malgré une domination française, marquant à leur tour sur une échappée du géant seconde-ligne Izuchukwu (14-12). Et puis, le grand Vunipola, capitaine des Héraultais, a sonné une troisième charge qui allait couler le navire celte, dans la fin du premier acte, Bécognée y allant d’un quatrième essai, juste avant la pause (26-12).
Le second acte sera un récital des hommes de Caudello, impressionnants devant et efficaces dans la finition, avec cinq nouveaux essais (Taofifenua, Nouchi, Akrab, Hounkpatin et Cadot) qui n’ont laissé que des miettes aux Irlandais (Baloucoune, Lowry).
Le MHR décroche son troisième titre du Challenge Européen, après 2016 et 2021. Cette dernière année où les dauphins actuels du TOP 14 avaient réalisé leur doublé historique qu’ils aimeraient sans doute reproduire cette saison.
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Les barrages de la PRO D2, en bref…
Oyonnax – Valence Romans __ 39-14
Un coaching qui fait mouche
Jeudi soir, à Charles-Mathon, les Oyonnaxiens ont dû attendre la 50e minute pour délivrer leur public d’un barrage tendu et brouillon jusque-là, ne menant que 10-8, à la pause, après l’essai de Cassiem répondant à celui de Spanderashvili.
Un coaching gagnant de Fabien Cibray, avec l’entrée de Reybier, auteur de l’essai qui a lancé la machine offensive aindinoise pour une fin de deuxième acte à sens unique, ou presque, les Valentinois ne récoltant que des miettes sous la botte de Méret. Trois nouveaux essais, de Qadiri, Oz et Lebreton, ont scellé la qualification des locaux.
Il est un autre breton qui les attend de pied ferme, dans son antre de La Rabine, chauffé à Bleu et Blanc, après avoir survolé la phase régulière. Vannes ne devrait faire qu’une bouchée d’Oyo en demie avant de valider son retour inéluctable au TOP 14 en finale. Mais le charme de ces phases finales, c’est que rien n’est jamais acquis d’avance.
Provence Rugby – Brive __ 39-21
Sans partage !
Samedi, en fin d ‘après-midi, au stade Maurice-Davis, à Aix, les hommes de Philippe Saint-André n’ont laissé aucune chance aux Corréziens, dominés dans tous les secteurs et menés 33-7, en une heure de temps, après avoir pourtant ouvert la marque.
La réaction des hommes de Pierre-Henri Broncan, dans le dernier quart d’heure, sera vaine et ne laissera craindre aucun retour possible, Varreiro, l’arrière portugais, passant les pénalités pour assurer la qualification des Provençaux en demi-finale, à Colomiers.
Ce sera une toute autre confrontation.
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La semaine prochaine…
Retour au championnat, réduit à une course au TOP 6 !
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Avec au programme* de la 25e journée TOP 14 :
Samedi 30 mai
à 14h30 : Montauban – La Rochelle
(Un tremplin inespéré pour les Maritimes)
Stade Français – Bayonne
(Paris dans la course aux demies directes)
Perpignan – Castres
(Les Catalans préparent leur maintien)
Toulouse – Lyon
(Sans enjeu !)
à 21h15 : Montpellier – Pau
(Le dauphin veut sauver sa peau)
Dimanche 31 mai
à 16h30 : Toulon – Bordeaux
(Des Varois en quête de Champions Cup)
à 21h05 : Clermont – Racing 92
(Pas de barrage pour le perdant !)
(*) Tous les matches sont retransmis par les chaînes de Canal+
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